2_1 MAMCO 2_1 AGENDA PRESSE CHRONIQUES MISCELLANEES RADIO FILMS
4_1 EXPOSITIONS COLLECTIONS ARTISTES PUBLIC EDITIONS MUSEE INFORMATIONS

 

COLLECTIONS_PRESENTATION COLLECTIONS_ARCHIVES
A B C D E F G H i J K L M N O P q R S T u V W x y Z
    
français  I  english
Collections / 12 octobre 2016 —

Jim Shaw



Apparu d’abord en léger retrait sur la scène néo-conceptuelle californienne des années 1980, le travail de Jim Shaw (1952, Midland MI) obtient, dès la fin des années 1990, une large reconnaissance institutionnelle. On s’aperçoit en effet qu’il a participé de manière décisive à l’élaboration des enjeux de sa génération, notamment de la critique du statut de l’auteur et de la perte de l’aura de l’œuvre.

Shaw travaille le plus souvent en larges corpus, au sein desquels sont rassemblées des œuvres parfois diverses. Ainsi, My Mirage (1986-1991), vaste fiction biographique d’un personnage nommé Billy, compte près de 170 pièces et traverse l’iconographie populaire du vingtième siècle américain, tandis que son récent projet The Hidden World compile plusieurs centaines d’objets collectionnés qui ont trait à l’imagerie religieuse et l’inventivité narrative des sectes. Depuis 1992, Shaw transcrit également ses rêves en dessins (Dream Drawings) : sur des feuilles de format identique, il trace au crayon gris une narration très précisément organisée, avec de virtuoses effets de condensation. Revenant sur la réception américaine du Surréalisme européen, cette entreprise de dessins de rêve restitue l’inconscient de l’artiste « Jim Shaw ». Aussi, figurent au premier plan des œuvres d’art, celles d’artistes qui lui sont proches (tels que Mike Kelley), mais également les siennes. Shaw s’est lancé parallèlement dans la réalisation de ces objets qui peuplent ses rêves : ce sont les Dream Objects. Leurs titres sont démesurément longs, décrivant les situations où l’objet est apparu. Contrairement aux dessins, qui entretiennent une homogénéité formelle au sein de la série, les Dream Objects sont stylistiquement disparates et évoquent tour à tour des pastiches d’autres artistes, des tableaux d’amateurs, du mobilier et des reliques — le plus souvent ils s’apparentent simultanément à plusieurs de ces catégories. Le Thrift Store (Salle bleue) que l’artiste a offert au musée en 2016, pourrait fonctionner comme résumé ou index de ce corpus d’œuvres : s’y rassemblent, comme disposés dans une brocante, des costumes, des représentations et des jouets qui, s’ils semblent évoquer un univers fantastique de châteaux et de cornes d’abondance, font aussi parade de leur vocabulaire de rebut.








Jim Shaw, Dream of Thrift Store, 1994-2001,
coll. MAMCO et coll. particulière, Genève.
Photo : Annik Wetter — MAMCO, Genève.